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Ce qu'il y a dans ma trousse de dessinateur au Bic

Par Mikl ·

Trousse ZIPIT ouverte contenant le matériel de dessin au stylo Bic de Mikl
Mon atelier ambulant, dans toute sa splendeur : la trousse Zipit et ses 17 pensionnaires.

Après un article sur les papiers que j'utilise, il était logique de poursuivre par le contenu de ma trousse. Beaucoup me demandent ce qu'il y a dedans, et supposent souvent la même chose : « un ou deux Bic, un crayon et hop ». La réalité est un peu plus fournie. Voici l'inventaire complet, dans l'ordre où j'utilise les objets pendant un dessin.

La trousse elle-même : une Zipit à ouverture large

Commençons par le contenant avant le contenu. J'utilise une trousse de la marque Zipit, achetée pour une dizaine d'euros sur Amazon. Ce n'est pas un modèle prestigieux ni un objet de collection : c'est une trousse fonctionnelle, choisie pour trois raisons précises.

D'abord, elle a une ouverture très large. Quand on cherche un stylo précis parmi une quinzaine d'objets, pouvoir plonger la main sans se contorsionner, c'est un vrai confort. Ensuite, elle possède un fond plat qui lui permet de tenir debout toute seule. Enfin, et c'est peut-être le plus important, elle reste ouverte quand on la pose. Pas besoin de la maintenir d'une main pour fouiller de l'autre.

J'ai testé pas mal de pochettes et de petits sacs avant elle. Aucun ne cochait ces trois cases en même temps. Depuis, je ne cherche plus.

Phase 1 — Le crayonné : criterium, taille-mine et gommes

Chaque dessin commence par une phase de crayonné, dont j'ai déjà parlé dans l'article sur ma méthode pochoir. Pour cette étape, j'ai plusieurs outils.

Le premier, c'est un criterium Bic 2 mm avec mine HB. Évidemment un Bic, on ne change pas une équipe qui gagne — je fais tout au stylo Bic, il aurait été absurde d'utiliser un crayon d'une autre marque pour le crayonné. La mine HB est un bon compromis : assez tendre pour tracer facilement, assez dure pour rester nette.

Pour l'accompagner, un taille-mine Faber-Castell. Je le range systématiquement dans une petite pochette plastique. Pourquoi ? Parce que les poussières de graphite qui sortent d'un taille-mine sont un cauchemar : elles se répandent partout dans la trousse et finissent par tacher les autres objets. La pochette contient tout ça proprement.

Criterium Bic 2mm et taille-mine Faber-Castell dans sa pochette plastique anti-poussière
Le criterium Bic 2mm et son taille-mine Faber-Castell, toujours rangé dans sa pochette plastique pour éviter les poussières de graphite.

Côté gommage, j'ai trois outils différents, chacun avec son usage :

  • Une gomme électrique Tenwin, avec deux tailles de mine (fine et épaisse) selon la précision voulue. Très utile pour effacer sans étaler.
  • Une gomme mie de pain, qui a une propriété magique : elle atténue les traits sans les effacer complètement. Elle sert aussi à éclaircir le stylo Bic quand une zone est un peu trop chargée.
  • Une gomme Staedtler Rasoplast, la classique. Pour le criterium, quand j'ai besoin de gommer franchement.

Phase 2 — Les Bic : le cœur du dispositif

C'est là qu'on rentre dans le vif du sujet. Ma trousse contient cinq stylos Bic, chacun avec un rôle bien précis.

  • Deux stylos Bic bleus standards (le classique Bic Cristal). C'est mon outil principal, celui avec lequel je fais 95% du travail. J'en ai deux, pour ne pas être pris de court si l'un tombe en panne d'encre en pleine session.
  • Un Bic Cristal 1.6mm (le "Large"), qui envoie beaucoup plus d'encre. Je l'utilise exclusivement pour les fonds unis et les gros aplats. Il permet de couvrir vite et dense, ce que le Bic standard mettrait des heures à faire.
  • Un Bic jaune à pointe fine. Malgré son corps jaune/orange, il écrit en bleu (comme les autres). La pointe fine permet d'aller chercher les petits détails que le Bic standard ne peut pas atteindre avec autant de précision.
  • Un Bic rouge. Rare, mais parfois j'introduis une touche de rouge dans un dessin, pour un accent, un détail signifiant. Il est là au cas où.

Si tu te demandes pourquoi le bleu domine, j'ai écrit un article complet sur la question : pourquoi je dessine uniquement au stylo Bic bleu.

Les stylos Bic utilisés par Mikl : Cristal 1.6mm, rouge, jaune à pointe fine et bleu standard
Ma sélection Bic : de haut en bas — le Cristal 1.6mm pour les aplats, le rouge, l'orange à pointe fine, et le Cristal bleu standard, mon outil principal.

Phase 3 — Les finitions : estompes, blanc et signature

Une fois le gros du dessin fait au Bic, plusieurs outils entrent en scène pour peaufiner.

Trois estompes de tailles différentes. À la base, les estompes sont conçues pour le graphite : on les frotte sur un tracé au crayon pour l'étaler et créer des dégradés. Je les détourne pour le stylo Bic : elles permettent d'atténuer les coups de stylo et de lier les différentes nuances de bleu entre elles. Le résultat est plus doux, moins strié. J'ai renforcé chaque estompe avec du scotch bleu pour qu'elles tiennent dans le temps, parce qu'à force d'utilisation, elles finissent par s'effilocher.

Trois estompes usées et renforcées au scotch bleu, utilisées pour lier les nuances de bleu au stylo Bic
Mes trois estompes, renforcées au scotch bleu. Un petit bricolage maison qui prolonge leur vie de plusieurs mois.

Un Posca fin blanc, pour les rappels de blanc. Un reflet dans un œil, un point lumineux sur une lèvre, un cheveu clair par-dessus une zone sombre. Le blanc du Posca a l'avantage de bien couvrir le bleu, contrairement à un simple correcteur.

Un feutre fin rouge, réservé uniquement à ma signature en fin de dessin. C'est ma petite tradition : signer en rouge, pour trancher avec le bleu du dessin.

Le rangement dans le rangement : ma boîte de thé

Voici l'objet le plus surprenant de la trousse. Au milieu des stylos et des gommes, il y a une petite boîte plate en métal Mariage Frères, à l'origine une boîte de thé noir "French Breakfast". Je l'ai vidée, gardée et détournée.

Elle me sert à ranger deux choses fragiles : la gomme mie de pain, qui doit rester propre et ne pas coller aux autres objets, et les recharges de mine pour la gomme électrique. Petite, plate, fermée : elle protège ces éléments sensibles pendant les déplacements et évite qu'ils ne salissent le reste de la trousse.

Boîte de thé Mariage Frères détournée pour ranger la gomme mie de pain et les mines de gomme électrique
Une boîte Mariage Frères récupérée du placard : d'un côté la gomme mie de pain, de l'autre les recharges de mine pour la gomme électrique.

Un objet gratuit, récupéré du placard de cuisine, qui rend un service quotidien. C'est le genre de détournement qui me plaît.

Les indispensables du quotidien

Il reste trois objets qui ne servent pas directement à dessiner, mais sans lesquels je ne pourrais pas travailler.

  • Un cutter fin. Ça sert toujours. Couper une feuille, ouvrir un emballage, ajuster un cadre. Un artiste sans cutter est un artiste dépendant des ciseaux de la cuisine.
  • Un petit double-décimètre. Pour tracer un quadrillage, mesurer un format, aligner un cadre. Toujours utile, jamais superflu.
  • Une lingette sèche. Je l'utilise pour deux choses : essuyer la pointe des stylos qui s'encrassent au fil des hachures, et aplanir un fond uni en frottant doucement dessus une fois le remplissage terminé. Ça uniformise et enlève les micro-traces.

Ce qu'il n'y a pas dans ma trousse

Pas de crayons de couleur, pas de feutres, pas de fusain, pas de pinceau. Mais pas par principe : simplement parce que je n'en ai pas besoin. Ma pratique actuelle ne les appelle pas.

Je ne suis pas dogmatique là-dessus. Si un jour un dessin me demande d'introduire un pinceau, un feutre ou un autre outil, je l'ajouterai sans hésiter. Le minimalisme est ici une conséquence, pas un dogme. Ma trousse contient ce qui m'est utile aujourd'hui. Elle évoluera avec ma pratique.

Mon atelier ambulant

Un dernier mot sur ce qui différencie ma trousse d'un simple rangement : elle me suit partout. Ce n'est pas un objet qui reste sur ma table de dessin. Quand je pars quelques jours, elle est dans le sac. Quand je m'installe au salon plutôt qu'à la table, elle est à côté. C'est mon atelier ambulant, au sens strict.

Et si tu veux voir à quoi elle ressemble quand ma directrice artistique décide de l'inspecter, c'est dans son article. Romy adore farfouiller dedans. Elle fait tomber les stylos par terre. Elle vérifie que tout est bien à sa place, à sa façon.

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