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Quel papier utiliser pour dessiner au stylo Bic ?

Par Mikl ·

Différents papiers utilisés pour le dessin au stylo Bic : Ohuhu, Canson Montval, Leyton
Mes quatre papiers de prédilection pour le dessin au stylo Bic, un par format.

Si tu me demandes « quel papier utiliser pour dessiner au stylo Bic ? », la réponse honnête, c'est : tout dépend de ce que tu veux faire. Techniquement, le Bic glisse sur à peu près n'importe quel papier. Mais selon ta technique, certains papiers vont vite te poser des problèmes. Voici comment j'en suis arrivé à mes quatre papiers actuels, en passant par mes débuts au Canson du collège.

Mes débuts : le Canson classique du collège

Comme beaucoup de gens, j'ai commencé sur le papier le plus accessible qui soit : du Canson classique, le même qu'on utilise en cours d'arts plastiques au collège. Pas de prétention, pas de réflexion technique, c'était juste le papier qui me tombait sous la main.

Et honnêtement, tant qu'il n'y a pas de gros aplats d'encre, ce papier fait très bien le job. Pour des esquisses, des dessins légers, des hachures espacées, il convient parfaitement. Beaucoup de dessinateurs au Bic restent sur ce type de papier toute leur vie sans aucun problème.

Mais voilà : moi, j'aime les fonds unis. Très denses, très saturés. Et pour obtenir cette densité, je repasse systématiquement deux couches de stylo, parfois trois sur certaines zones. C'est là que le problème a commencé.

Le problème du gondolage

Avec deux couches de stylo sur un fond uni, le Canson classique gondole énormément. La feuille se déforme sous la pression et la quantité d'encre déposée. Au lieu d'avoir un dessin parfaitement plat, je me retrouvais avec un papier qui ondulait, qui faisait des bosses, et qui rendait l'œuvre difficile à exposer ou à encadrer proprement.

C'est là que j'ai eu le déclic : si je veux des fonds saturés, il me faut un papier qui supporte une grande quantité de matière sans se déformer. Et quel papier est conçu, à la base, pour absorber d'énormes quantités de liquide sans broncher ? Le papier aquarelle.

Le déclic : si ça supporte l'eau, ça supportera deux couches de Bic

Le raisonnement était simple : un papier aquarelle est spécialement conçu pour ne pas gondoler malgré l'apport massif de liquide. Si la feuille tient sous l'aquarelle, elle tient à plus forte raison sous mes hachures de stylo bille, même répétées deux fois.

J'ai testé, et le résultat a été immédiat. Plus de gondolage, même sur les fonds les plus saturés. Le papier reste parfaitement plat du début à la fin du dessin. Depuis, je n'utilise plus que du papier aquarelle pour mes portraits.

Pourquoi 300 g, et pourquoi grain fin ?

Le papier aquarelle existe en différents grammages (185 g, 200 g, 300 g, 425 g…) et différents grains (fin, torchon, satiné). Mon choix s'est arrêté sur du 300 g grain fin, et ce n'est pas un hasard.

Pour le grammage, ma règle est simple : le plus fin possible qui ne gondole pas. Plus le papier est épais, plus il tient, mais plus il est lourd, plus il coûte cher, et plus le rendu devient "carton". À l'usage, 300 g est le bon équilibre pour ma pratique. Il ne bouge pas, sans être pour autant un papier de construction.

Pour le grain fin, c'est une question esthétique. Avec le stylo Bic, je dépose déjà énormément de "coups" sur le papier — chaque hachure est une trace visible. Si j'ajoute en plus la texture d'un papier à gros grain, l'ensemble devient illisible, surchargé. Le grain fin me donne une surface presque lisse qui laisse parler les hachures.

Macro sur la texture et le grain fin d'un papier aquarelle 300g utilisé pour le dessin au stylo Bic
Macro sur le grain fin de mon papier aquarelle 300g. Une texture subtile, juste assez pour accrocher l'encre sans concurrencer les hachures.

Ceci dit, c'est une piste que je veux explorer un jour : utiliser volontairement un grain marqué pour donner du relief à un portrait de personne âgée, par exemple. La texture du papier pourrait alors travailler avec moi pour suggérer la peau, les rides, la matière. Un futur projet, peut-être.

Mes quatre papiers selon le format

Aujourd'hui, j'utilise quatre papiers différents selon le format du dessin. Ce ne sont pas les seuls bons papiers du marché — il y en a beaucoup d'autres — mais ce sont ceux que j'ai testés, adoptés, et que je continue d'utiliser au quotidien.

Pour les curieux, voici ce que j'utilise selon le format :

  • 16×16 cm → carnets Ohuhu (environ 15 € le carnet de 30 feuilles)
  • A4 → carnets Ohuhu également (environ 21 € le carnet de 78 feuilles)
  • A3Canson Montval Aquarelle (environ 17 € les 12 feuilles)
  • 60×80 cm → papier de la marque Leyton (environ 20 € les 3 feuilles)

À titre indicatif, ça représente entre 50 centimes et 7 euros de papier par dessin selon le format. Une part très raisonnable du coût total d'une œuvre quand on compare aux dizaines d'heures de travail qu'elle représente.

Et les autres papiers alors ?

Si tu te lances dans le dessin au Bic, ne te crois surtout pas obligé de partir directement sur du papier aquarelle 300 g. Le Bic fonctionne sur quasiment tous les papiers — du Canson classique au Bristol en passant par le papier kraft. La vraie question n'est pas « quel papier est compatible ? », mais « quel papier convient à ma pratique ? ».

Pour des esquisses, des croquis, des dessins légers ou des illustrations sans gros aplats, le Canson classique fait très bien le travail et coûte une fraction du prix. Pour des dessins ultra-détaillés à hachures fines, un Bristol lisse peut être intéressant. Pour des grands aplats saturés comme les miens, le papier aquarelle devient incontournable.

Le mieux reste de tester plusieurs papiers en achetant quelques feuilles à l'unité, pour voir comment chacun réagit à ta façon à toi de dessiner. C'est ce qui m'a permis de trouver mon papier, et c'est ce qui te permettra de trouver le tien.

Une petite manie : ne pas déchirer la feuille du carnet

Pour finir, une petite habitude que j'ai prise et à laquelle je tiens beaucoup. Quand je termine un dessin sur un carnet — typiquement mes 16×16 cm ou A4 en Ohuhu — et que je ne le vends pas ou ne l'offre pas, je le laisse dans le carnet. Je ne déchire pas la feuille pour la stocker à part.

C'est une logique que je retrouve dans toute ma pratique : je conserve aussi mes dessins ratés et tous mes stylos Bic usagés. Garder les dessins dans le carnet, c'est garder leur trace dans l'ordre où ils ont été créés, c'est un journal de bord visuel de mon évolution. Quand je feuillette un ancien carnet, je revois la séquence de mes essais, mes progrès, mes errances. C'est précieux.

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